L'Origine du monde s'appelait donc Constance Quéniaux, la coïncidence est aussi troublante que le restera toujours son fameux entrejambe : quand on pense avec quelle constance, depuis l'aube des temps, est extirpée la kyrielle des "queniaux" de la brèche dans la sombre forêt ! Lacan, qui posséda le tableau pendant un bon quart de siècle, s'il l'avait su en serait resté baba. Mais peut-être qu'un ami angevin, sarthois, mayennais, qui d'autre ? aura glissé à l'oreille de Courbet que ce modèle-ci plutôt que celui-là avait, en plus de la gueule de l'emploi, le cul de l'homophonie presque parfaite. On pourra regretter que Claude Schopp, inspecteur assidu des Renseignements Généraux Littéraires, en levant le mystère, nous dévoile néanmoins ‒ hélas si, même le nez ‒ un visage assez banal qui n'est pas à la hauteur du bas. Mais la vie est ainsi faite souvent d'asymétries avec lesquelles nous devons composer. Et ne jamais savoir, faute d'écriture, comment fut la chatte de la Brassempouy, une "in-cantatrice" paléolithique au joli petit minois, vaut peut-être mieux pour l'équilibre de nos fantasmes. Soyons tranquilles, les préhistoriens auront beau la torturer sur toutes les coutures et sous tomodensitométrie, un seul indice nous prouve qu'elle ne parlera jamais.

Bonjour, Gilbert. Superbe commentaire d'une actualité chaude.
RépondreSupprimerGuillaume