En tant que fervent défenseur des traditions inventées de toutes pièces au pénultième siècle, comme ce grand papillon noir qui niche sur la tête des Alsaciennes, on ne s'étonnera pas de trouver le Decathlon de Mont-de-Marsan bien achalandé en échasses. Par contre, si l'on ressent quelque vague à l'âme envers la condition animale, on reconnaîtra ces ustensiles de sport pour ce qu'ils ont toujours été : des prolongements artificiels aux jambes des bergers nazis formant avec ceux-ci d'affreux mécananthropes, mariage de la perche et de l'alpin, miradors ambulants destinés à la surveillance concentrationnaire des troupeaux de brebis bassement exploitées pour le seul confort de l'être humain. Dans ces conditions déplorables, on comprendra aisément que l'espèce ovine en a ras le tank de se laisser manger la laine sur le dos ; aussi qu'attendent donc les âmes empathiques pour bêler de concert et taguer les merceries, aller défiler en bandes les pelotes de la honte ? Seulement, pour en faire tout un fromage, les agitateurs potentiels se verraient dans l'obligation d'utiliser un produit de provenance prohibée, ce qui est loin d'être gagné dans cette affaire un peu bête. Dans un combat élargi qui voudra bien s'égailler jusqu'aux basses-cours, volières et autres ménageries ‒ c'est qu'il ne faudrait pas oublier l'ornithorynque dont il convient que la susceptibilité soit ménagée également ‒, on ne voit pas bien non plus comment le véganisme va s'arranger du principe de précaution, sachant que ses adeptes rechignent à marcher sur des œufs. On sait aussi qu'ils se lancent dans des actions spontanées qui ne cassent pas trois pattes à un canard, ni une, ni deux. Comment faire bouger les choses quand la langue des mots qui les signifient semble clouée sur un abécédaire, quand les expressions mêmes expriment le jus de toute volonté antérograde ? Leur faudra-t-il, dans une tentative désespérée de faire barrage au conservatisme des paroles, détourner le cours du flux menstruel de la rédaction épicène pour oser écrire, et insister sur ce point, que nous ·ne· sommes ·pas· à cent lieu·e·s d'avoir vidé les mers et les océans de tous leurs poissons ? Mais que les défenseurs de la cause gardent espoir ; leurs luttes ne sont pas vaines : nous prenons tous conscience, petit à petit, que nuire aux animaux revient à nous faire du mal à nous-mêmes. Ne serait-ce qu'à la fin de l'été lorsque les mouches à l'agonie se jettent sur nous tels de jeunes chiens fous, tandis que les plus gros spécimens nous atterrissent dans les cheveux comme des bombardiers russes ayant essuyé un tir d'artillerie tchétchène, et que nous essayons de nous en débarrasser et n'arrivons qu'à nous mettre les gifles et les claques supplémentaires que les guérillas familiales nous ont refusées. Pensons aussi aux fêtes de fin d'année quand l'ouverture des huîtres se termine aux urgences avec un serpentin dans le bras qui nous perfuse un soluté de glucose et de désarroi. Le monde est insidieux parfois, il se peut que le piège profite autant à la proie qu'à son prédateur. Les végétaliens savent-ils que leurs meilleurs soutiens sont leurs pires ennemis : d'occultes cannibales qui espèrent disposer à terme d'un cheptel à la viande plus saine ? Lequel sera engraissé par une agriculture en pleine extension du fait de la libération des surfaces précédemment occupées par les pâturages. Le cartel des anthropophages appuyant d'un même élan les activistes anti-voitures, bientôt l'on replantera sur les Champs Élysées, et les vélos zigzagueront entre les massifs d'herbes aromatiques. Le fenugrec ‒ qui poussera très bien à Paris à cause d'un réchauffement climatique inertiel et acquis ‒ et le persil auront un petit goût de mort au palais de l'humanité vertueuse.
................................décrire, décrier, écrire, crier, cirer, rire, ire domum.
dimanche 16 septembre 2018
Bricoles : 013 - Escalade
En tant que fervent défenseur des traditions inventées de toutes pièces au pénultième siècle, comme ce grand papillon noir qui niche sur la tête des Alsaciennes, on ne s'étonnera pas de trouver le Decathlon de Mont-de-Marsan bien achalandé en échasses. Par contre, si l'on ressent quelque vague à l'âme envers la condition animale, on reconnaîtra ces ustensiles de sport pour ce qu'ils ont toujours été : des prolongements artificiels aux jambes des bergers nazis formant avec ceux-ci d'affreux mécananthropes, mariage de la perche et de l'alpin, miradors ambulants destinés à la surveillance concentrationnaire des troupeaux de brebis bassement exploitées pour le seul confort de l'être humain. Dans ces conditions déplorables, on comprendra aisément que l'espèce ovine en a ras le tank de se laisser manger la laine sur le dos ; aussi qu'attendent donc les âmes empathiques pour bêler de concert et taguer les merceries, aller défiler en bandes les pelotes de la honte ? Seulement, pour en faire tout un fromage, les agitateurs potentiels se verraient dans l'obligation d'utiliser un produit de provenance prohibée, ce qui est loin d'être gagné dans cette affaire un peu bête. Dans un combat élargi qui voudra bien s'égailler jusqu'aux basses-cours, volières et autres ménageries ‒ c'est qu'il ne faudrait pas oublier l'ornithorynque dont il convient que la susceptibilité soit ménagée également ‒, on ne voit pas bien non plus comment le véganisme va s'arranger du principe de précaution, sachant que ses adeptes rechignent à marcher sur des œufs. On sait aussi qu'ils se lancent dans des actions spontanées qui ne cassent pas trois pattes à un canard, ni une, ni deux. Comment faire bouger les choses quand la langue des mots qui les signifient semble clouée sur un abécédaire, quand les expressions mêmes expriment le jus de toute volonté antérograde ? Leur faudra-t-il, dans une tentative désespérée de faire barrage au conservatisme des paroles, détourner le cours du flux menstruel de la rédaction épicène pour oser écrire, et insister sur ce point, que nous ·ne· sommes ·pas· à cent lieu·e·s d'avoir vidé les mers et les océans de tous leurs poissons ? Mais que les défenseurs de la cause gardent espoir ; leurs luttes ne sont pas vaines : nous prenons tous conscience, petit à petit, que nuire aux animaux revient à nous faire du mal à nous-mêmes. Ne serait-ce qu'à la fin de l'été lorsque les mouches à l'agonie se jettent sur nous tels de jeunes chiens fous, tandis que les plus gros spécimens nous atterrissent dans les cheveux comme des bombardiers russes ayant essuyé un tir d'artillerie tchétchène, et que nous essayons de nous en débarrasser et n'arrivons qu'à nous mettre les gifles et les claques supplémentaires que les guérillas familiales nous ont refusées. Pensons aussi aux fêtes de fin d'année quand l'ouverture des huîtres se termine aux urgences avec un serpentin dans le bras qui nous perfuse un soluté de glucose et de désarroi. Le monde est insidieux parfois, il se peut que le piège profite autant à la proie qu'à son prédateur. Les végétaliens savent-ils que leurs meilleurs soutiens sont leurs pires ennemis : d'occultes cannibales qui espèrent disposer à terme d'un cheptel à la viande plus saine ? Lequel sera engraissé par une agriculture en pleine extension du fait de la libération des surfaces précédemment occupées par les pâturages. Le cartel des anthropophages appuyant d'un même élan les activistes anti-voitures, bientôt l'on replantera sur les Champs Élysées, et les vélos zigzagueront entre les massifs d'herbes aromatiques. Le fenugrec ‒ qui poussera très bien à Paris à cause d'un réchauffement climatique inertiel et acquis ‒ et le persil auront un petit goût de mort au palais de l'humanité vertueuse.
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