Pour compenser l’extrême exiguïté de nos cellules de toile, on institue le rituel quotidien de la promenade ; le détenu Walser – un fou qui se croit dans une clinique psychiatrique – a déjà sorti sa canne et son chapeau.
Le directeur nous rappelle que notre camp n'est pas un centre aéré, que nous devrons rester concentrés sur notre état de prisonniers ; un tatouage de poulet fermier barré de rouge sur l'avant-bras nous servira de pense-bête.
Nous dévions l'itinéraire de nos gardiens en tirant sur nos laisses pour renifler le fossé à l'écart ; faute de lampadaires, certains d'entre nous font de la rétention urinaire.
Moi Przewalski, je pisse dru ; pour le reste, j'applique le conseil que me donna autrefois un cheval arabe : si tu ne vas pas à la selle, c'est la selle qui viendra à toi.
Dernière ruse de Knock pour briser mon silence et, accessoirement, le train-train de ma vie trop casanière : il a ouvert un casino sous sa tente ; au jeu des petits chevaux, moi Przewalski, j'obtiens toujours le numéro six, pourtant je ne suis pas un numéro, je suis un cheval libre !
Sachant que le taux de redistribution des gains est de quatre-vingt-dix pour cent, Harpagon se refuse à employer ce genre de méthode.
Élise est bien la fille de son père : elle maîtrise parfaitement la cuisson des nèfles, alors que les premières gelées sont encore loin.
C'est un fin cordon bleu : son spaghetti moisi est unique.
À vue de nez, je dirais que nous dépérissons à vue d’œil ; une carence en vitamine A m'empêche d'être plus précis, mais il est clair que nous flottons dans nos uniformes.
Nos réserves ont filé à l'anglaise : en mangeant maladroitement sa soupe de misère, le prétendu abbé Faria a mis au jour un tunnel sous la manche détrempée de sa chemise...

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