À l'évidence, les autorités souhaitent écraser le crime dans l’œuf, et cet œuf est ma cellule.
Les travaux ont commencé pour agrandir la prison ; le nombre des cellules augmente rapidement : on divise les anciennes en posant des cloisons ; en fait, on n'agrandit rien.
Une surprenante parthénogenèse a lieu dans l'enceinte du bâtiment décrépit ; les ouvriers accomplissent des miracles.
Pendant la grossesse, nous sommes transférés dans un camp provisoire ; je suis dans l'attente sous la tente.
Nous sommes installés dans un pré carré négatif où règne la précarité : c'est le monde extérieur qui se fortifie contre nous.
Il semble y avoir quelques problèmes d'intendance : nous en sommes réduits à manger des sardines.
Attaché à un piquet de ma tente, j'endure un supplice digne d'une chèvre sans qu'Harpagon perde son temps ; le temps c'est de l'argent.
Knock se fait bourreau de campagne ; sa barbe pousse au rythme des artichauts.
Une taupinière bruisse sous ma tente : le prétendu abbé Faria revient de chez le détenu Valjean ; l'amour est aveugle.
Des cordes, des câbles à profusion – et des scoubidous –, mais rien à escalader, si peu à franchir : le plat pays que voilà ! j'attendrai mon retour à la prison pour essayer à nouveau de m'évader...

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