L'automne s'essuie le cul bien doucement avec ses feuilles mourantes, saison prudente et blessée, un peu irritée aussi, de mon passage brutal à l'heure d'hiver. Si tu avances et que je recule ma grande aiguille, comment veux-tu, comment veux-tu ?... Il a donc bien fallu que je m'énerve afin que tu capitules. Vengeresse, l'automne me refile le cafard. Plus vicelard qu'une IST (champignon de saison), ce gros insecte ronge l'intérieur cuir, les canapés, les ongles, les pommeaux de portes et les peaux mortes. L'automne me termine au termite qui démolit la charpente fragile de mon cœur mal bercé. Ce nœud dans le bois me serre la gorge quand la déglutition est vécue comme un sacerdoce qui ne sert plus d'os. Ma colonne vertébrale s'effondre telle une tour de Babel ayant trop entendu de langues bien pendues pour ne pas se pendre à son tour d'une langueur monotone. L'été plié, l'automne décroche le cocotier, remporte la palme, me pille le tronc. À moins d'être dur de la feuille, comment ne pas ressentir ce dépouillement sans élection, ce cabaret d'effeuillage. Je m'y prends plus de châtaignes en pleine gueule s'il y a du vent, que de nibards, tous seins confondus. Les branches fatiguées de l'octobre caduc cèdent la place à un novembre sinistre où les feuilles passent l'arme à gauche. Sanglots longs, larmes gauches qui planent vers la terre mouillée, laissant l'arbre sans came, grand mât désarmé, sémaphore. Ils attendaient le signal, voilà que pointent vers le ciel couleur capote à soldat ces autres obélisques obscènes et hiéroglyphés. Les écritures marnent jusqu'au sommet par l'effet d'anciennes marées rouges. L'afflux sanguin grimpe dans ces pénis tatoués éjaculant des pétales de chrysanthèmes et des médailles frétillantes s'en allant féconder l'ovule de la veuve de guerre, boulet de canon froid et endurci. C'est aussi l'époque des cadavres extra-plats collant à mes semelles de crêpe comme une merde de chien, me filant le train vers des voies de garage, et je vous fiche mon billet que les butoirs sont couronnés de gerbes mortuaires. Le wagon s'en tamponne complètement, bousculant le voyageur qui n'est pas si pressé. Alors le contrôleur s'avance, demande à voir le billet, et je lui dis : Comment ? Mais mon heure n'est point sonnée !................................décrire, décrier, écrire, crier, cirer, rire, ire domum.
mardi 25 octobre 2011
Violer l'automne
L'automne s'essuie le cul bien doucement avec ses feuilles mourantes, saison prudente et blessée, un peu irritée aussi, de mon passage brutal à l'heure d'hiver. Si tu avances et que je recule ma grande aiguille, comment veux-tu, comment veux-tu ?... Il a donc bien fallu que je m'énerve afin que tu capitules. Vengeresse, l'automne me refile le cafard. Plus vicelard qu'une IST (champignon de saison), ce gros insecte ronge l'intérieur cuir, les canapés, les ongles, les pommeaux de portes et les peaux mortes. L'automne me termine au termite qui démolit la charpente fragile de mon cœur mal bercé. Ce nœud dans le bois me serre la gorge quand la déglutition est vécue comme un sacerdoce qui ne sert plus d'os. Ma colonne vertébrale s'effondre telle une tour de Babel ayant trop entendu de langues bien pendues pour ne pas se pendre à son tour d'une langueur monotone. L'été plié, l'automne décroche le cocotier, remporte la palme, me pille le tronc. À moins d'être dur de la feuille, comment ne pas ressentir ce dépouillement sans élection, ce cabaret d'effeuillage. Je m'y prends plus de châtaignes en pleine gueule s'il y a du vent, que de nibards, tous seins confondus. Les branches fatiguées de l'octobre caduc cèdent la place à un novembre sinistre où les feuilles passent l'arme à gauche. Sanglots longs, larmes gauches qui planent vers la terre mouillée, laissant l'arbre sans came, grand mât désarmé, sémaphore. Ils attendaient le signal, voilà que pointent vers le ciel couleur capote à soldat ces autres obélisques obscènes et hiéroglyphés. Les écritures marnent jusqu'au sommet par l'effet d'anciennes marées rouges. L'afflux sanguin grimpe dans ces pénis tatoués éjaculant des pétales de chrysanthèmes et des médailles frétillantes s'en allant féconder l'ovule de la veuve de guerre, boulet de canon froid et endurci. C'est aussi l'époque des cadavres extra-plats collant à mes semelles de crêpe comme une merde de chien, me filant le train vers des voies de garage, et je vous fiche mon billet que les butoirs sont couronnés de gerbes mortuaires. Le wagon s'en tamponne complètement, bousculant le voyageur qui n'est pas si pressé. Alors le contrôleur s'avance, demande à voir le billet, et je lui dis : Comment ? Mais mon heure n'est point sonnée !
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