
J'ai l'intuition que nous ne regagnerons jamais la prison rénovée ; pour prolonger notre séjour dans ce camp, le directeur a invoqué un motif qui n'était que du vent : beau temps, mon cul !
Peut-être sommes-nous assujettis à une expérience scientifique ou sociologique, voire, qui sait, littéraire : de doctes veilleurs épiant nos faits et gestes depuis leur affût panoptique, la plume à la main et le ramage où vous voudrez.
Notre stock d'eau potable s'est réduit à deux ou trois pots de chagrin ; on parle de monter une expédition à la recherche d'une grande rivière qui conduira à un petit ruisseau : pour obtenir peu, il faut demander beaucoup.
En attendant, la distribution est limitée à cinquante centilitres par jour et par personne ; cette restriction nous pèse, nous aurions aimé pouvoir passer outre.
Mais le directeur nous serre la vis, bien que ce soit habituellement le travail des bourreaux chacun leur tour.
Le détenu Averell Dalton, toujours inquiet des heures des repas, boirait bien sa clepsydre s'il en possédait une ; cet abruti se demande où est passée l'eau des sachets de soupe déshydratée.
Pour une raison évidente, Knock a reçu l'interdiction de pratiquer la cure par l'eau ; cela m'arrange : à chaque fois, je perdais très vite contenance.
La patience des brutes est un métier proche de la cuisson des steaks : tout vient à point à qui sait attendre en faisant l'économie de bleus inélégants et d'affreux saignements ; Harpagon est satisfait, sa fille s'est enfin mise à la flûte.
Faute de farine et d'eau, les baguettes d'Élise se font de plus en plus fines et dures ; nos ventres résonnent comme la peau d'un tambour.
Le prétendu abbé Faria a toujours eu bonne pioche ; il saura mettre le sol en perce, pour peu qu'une source mijote là-dessous...
Bonjour, Gilbert.
RépondreSupprimerLe plaisir du lundi matin ne se dément pas : un épisode à la fois angoissant et ludique d'un feuilleton qui tient en haleine sans jouer sur les grosses ficelles du suspens.
Guillaume