lundi 5 septembre 2016

*Ghorto 11























Le regard entre les barreaux vaut pour la liberté ce que la lecture entre les lignes vaut pour la connaissance ; qui néglige cette équivalence se condamne à suivre les instructions.

Face à la torture, on aimerait prendre ses cliques et ses claques ; la seconde moitié de notre souhait se réalise sans peine.

Enfin, sans peine est une façon de parler ; une façon de parler aussi en est une : je n'ai encore rien avoué.

Quand je me tais, j'applique en quelque sorte une loi de conservation : mon bourreau perd son calme tandis que mon geôlier garde le silence.

Le détenu Demolder nous gave avec son Pindare indigeste ; je donnerais n'importe quoi pour rompre un morceau de tout autre pain : pain dur, pain d'or, pain d'ire, pain d'air...

Harpagon tend l'oreille et communie : qu'un moulin à paroles soit prêt à verser des arrhes dans la farine l'intéresse au plus haut point.

Knock, maussade, revient à la charge : après tout, le sexe et la torture sont deux arts plastiques qui s'établissent depuis les origines sur un terrain commun ; pourquoi ne les pratiqueraient-ils pas conjointement, elle et lui ?

Confondue devant tant d'audace, Élise hésite entre lui demander d'aller se faire cuire un œuf ou le lui préparer elle-même ; comme nous avons mangé le dernier avant-hier, elle n'a guère le choix.

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? » ; personnellement, je reste très attaché à cette vieille paire de menottes qui a su garder la main sur ma détention.

Autre cas : le prétendu abbé Faria s'endort tête-bêche en compagnie de l'outil d'excavation qu'il dissimule dans son grabat, terrassé par la fatigue...

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