mardi 19 juillet 2016

*Ghorto 4


























Przewalski est désormais le nom que je porte, mais la porte me dit toujours non.

De la rue sous ma fenêtre, monte le murmure nymphéen d'un groupe d'écolières se rendant à la piscine ; je me sens comme un élève en retenue.

Au mur, la reproduction de Klee que j'y ai accrochée reste sans effet ; « ce n'est bas drès gauguin » me susurre le prétendu abbé Faria, toujours enrhumé ; « il est vrai qu'elle cache le trou » reconnais-je, courbé devant l'évidence, en ramassant quelques punaises réfugiées sous le lit.

« Un simple clapier suffit comme prison aux lapins, c'est assez économique » me souffle Harpagon en forant des carottes dans mon tibia.

Je sais que la fille d'Harpagon voudrait prendre des cours de piano, mais son père l'incite à la flûte.

Knock souffre mille tortures : chaque matin, devant son miroir, il se coupe en se rasant.

Entre ces murs jaunasses, je me sais dans un squelette de baleine ; nul espoir d'être vomi.

Le prétendu abbé Faria est reparti dans son métro ; il a rendez-vous station Madeleine pour un brin de causette sur la paille avec le détenu Valjean.

J'ai emprunté la bouche dans le mur : Bastille, Châtelet, Duroc ; ça ne m'a pas satisfait, nom d'une pipe !

Le boulet que j'ai au pied, moi lent forçat, va me rendre aussi véloce qu'un cheval dans la course...

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