vendredi 18 juillet 2014

Haute couture




aperçu la huppe
lors d'une soirée mondaine
au fond du jardin

vendredi 11 juillet 2014

Un autre monde

Oui, je suis un naïf croyant à un monde imaginaire dans lequel une banque réglant une succession par-dessus la jambe, et détenant toutes les coordonnées de la famille affligée, devrait dans un premier temps réparer son erreur par elle-même, puis dédommager chaque héritier du préjudice commis à hauteur de dix pour cent du patrimoine concerné, enfin ses représentants légaux déployer des excuses pieds nus et en chemise devant le parvis de l’église locale utile à quelque chose pour une fois, avant que d’avoir les pouces et les index tranchés, qu’ainsi ils ne palperaient plus jamais les grosses coupures, que leurs doigts manquants les priveraient pour toujours des joies du clavier, qu’en regardant leurs moignons ils se souviendraient jusqu’à la retraite qu’on ne laisse pas sans surveillance un stagiaire sur un dossier, à part ceux des milliardaires, qu’il devrait les accompagner impérativement à chaque migration vers la machine à faire les cafés jusqu'à ce qu’il en ait compris le fonctionnement en vue de les y confectionner et de les rapporter seul.
Pour apprendre, il est important de commettre des erreurs afin d’en tirer des leçons. Au début, en dépit d’instructions pourtant fort claires, le breuvage serait présenté à ces messieurs-dames dans une approximation inconfortable quant à son degré de chaleur, à sa force en caféine, à sa teneur en sucre, à sa rallonge en eau, à la position spatiale de son volume par rapport à une surface de référence appelée paroi du gobelet. Puis, des progrès conséquents constatés, notés et répertoriés après maints brûlages de gueule, chemisiers foutus et autres pantalons condamnés au pressing, il serait temps avec toute la prudence requise de former l'apprenti à des taches plus subtiles et pourvues d’un accent circonflexe...

jeudi 10 juillet 2014

ǝsınbuɐq

     .

au-dessus du monde
sous le plafond gris de crasse
un pholque médite

mercredi 9 juillet 2014

Un tanka, tant qu'à faire




dans proust comme ici
le narrateur et l'auteur
l'un voit l'autre écrit  .....................vers optionnel : là est la question
    ceci n'est pas un journal
    je ne suis pas samuel pepys*



* à prononcer pips
   tant à londres qu'à cambridge
   il faut le savoir

mardi 8 juillet 2014

Convolvulus pathemarconis



gramophones blancs
je n'entends pas la musique
fleurs de liseron

samedi 7 juin 2014

Turn


quoi écrire en juin
qui évoque la saison
l'été sera-t-il

l'orage menace
montrant mon poing au ciel noir
je menace aussi

sur le fil du temps
un équilibre se crée
on se tient à l’œil

un nuage crève
à l'horizon samedi
un rideau s'abat

pas de pluie qui mouille
l'herbe drue de ma pelouse
je tonds aussi sec

dans cette machine
la foudre est domestiquée
pas comme là-haut

l'électricité
m’incitant à avancer
en boustrophédon

jeudi 29 mai 2014

Premier naufrage du jour


brossage des dents
au-dessus du lavabo
neuf heures du mat

d'entre mes molaires
une graine de lin brun
chute sur le blanc

et suit la marée
du tonygencil moussant
la pauvre est noyée

essuyer un grain
est une expression connue
je l'applique ici

des gouttes de sang
de ma gencive irritée
miment un pollock

les amateurs d'art
se demandent quel tableau
un peu retournés

considérez bien
la première ambassadrice
du muesli maison

lundi 19 mai 2014

Cinq ascètes au sommet de leurs styles


Flaubert écrivait
croissait tel un chêne mûr
que la mousse tache


Walser écrivait
le cerveau en promenade
des pattes de mouche


Kafka écrivait
assez laid de sa personne
la métamorphose


Borges écrivait
aveugle comme deux taupes
tunnels bifurquant


Perec écrivait
avant sa disparition
de doux lipogrammes


jeudi 8 mai 2014

Cinq boissons chaudes




banni le café
le matin un chocolat
pas un banania                            
                                                à Alexandre Dumas



onze heures maté
trop chère la bombilla
je suis sur la paille                              
                                                à Roberto Arlt



un lapsang souchong
embaume après déjeuner
un cafard fumé                             
                                                à Sherlock Holmes



cinq heures sonnées
j'emmerde big ben ding dong
pour moi chicorée                                   
                                                à Napoléon



tournée de rooibos
chaque soir le roi se meurt
puis le boss rebosse                   
                                                à Michel Bouquet


samedi 3 mai 2014

Haïkus et lentilles


du côté du Puy
cuisson lente des lentilles
l'eau pure du puits


mieux qu'un tgv
plus courante est la corail
rose délavé


le chemin du fer
est moucheté d'escarbilles
l’œil ne peut s'y faire


l'opticien formel
les lunettes vous habillent
tri catégoriel


ma nouvelle vue
m'évite cailloux et billes
les filles sont nues